Plurilinguisme et multilinguisme : 5 différences à connaître

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Y a-t-il vraiment, entre plurilinguisme et multilinguisme, 5 différences à connaître ? Avouons qu’à première vue, ces mots semblent de parfaits synonymes interchangeables… Et cette confusion entre « plurilinguisme » et « multilinguisme » perdure d’autant plus que le français est une langue académique, stable et reconnue comme unique langue officielle.

Pourtant, bien des personnes et des pays n’ont pas cette même « certitude » linguistique d’une langue unique et hégémonique. Contrairement à ce qu’on pourrait croire de prime abord, la mondialisation n’a pas tout simplifié : la diversité des langues parlées aujourd’hui ne peut se limiter à une simple opposition entre la langue maternelle d’une part, et l’anglais globish véhiculaire d’autre part.

Cette diversité linguistique est une donnée à bien appréhender au moment d’établir votre projet de traduction : quelle vision du monde et quelles représentations de vos futurs marchés sous-tendent le choix de telle ou telle langue de traduction ?

Les termes de « plurilinguisme » et de « multilinguisme » désignent des usages bien distincts des langues, à échelle individuelle mais aussi collective.

De fait, voici les 5 différences à connaître entre plurilinguisme et multilinguisme.

1. Plurilinguisme et multilinguisme : origine des deux mots

L’origine des deux mots diffère légèrement. En effet, « plurilinguisme » est dérivé de l’adjectif « plurilingue », lui-même composé du préfixe « pluri » (plusieurs) et du substantif latin « lingua ».
Le mot « plurilingue » a un synonyme issu non pas du latin, mais du grec ancien : « polyglotte ».

De son côté, « multilinguisme » connaît la même construction avec le substantif « lingua », mais le préfixe cette fois est « multi » (nombreux, nombreuses). Le mot n’a pas d’équivalent issu du grec.

2. Une personne plurilingue VS une communauté multilingue

La grande différence entre les deux mots se joue sur la réalité qu’ils désignent.

En effet, le plurilinguisme concerne une personne individuelle, tandis que le multilinguisme concerne un groupe social, une communauté. Les deux termes ne sont donc pas interchangeables.

Une personne plurilingue est une personne qui maîtrise plus de trois langues. En effet, des termes précis désignent la maîtrise d’un nombre inférieur de langues : celui qui ne parle que sa langue maternelle est dit monolingue, celui qui parle deux langues est bilingue, et celui qui en parle trois est trilingue. Ce plurilinguisme est le fruit d’un apprentissage de la part de la personne concernée, que celle-ci ait appris ces autres langues par goût ou par nécessité professionnelle.

Une communauté multilingue est une communauté dans laquelle cohabitent officiellement plusieurs langues. Par exemple, le Canada est un pays multilingue, où cohabitent l’anglais et le français. C’est le cas aussi en Espagne : le castillan est la langue officielle de toutes les provinces, mais l’Espagne comprend trois territoires officiellement bilingues avec le catalan, le basque et le galicien.

La France n’a qu’une langue officielle. Mais cela n’a pas été le cas de toute éternité. Ainsi, au Moyen-Âge et jusqu’au XIIe siècle ont cohabité le latin, langue savante écrite, et l’ancien français, langue populaire uniquement orale. Il faudra cependant attendre la construction scolaire de la nation sous la IIIeme République pour que le français « chasse » officiellement les patois oraux.

Plurilinguisme et multilinguisme
Source : pexels.com

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3. Une différence dans la hiérarchie et dans la fonction des langues

La différence entre plurilinguisme et multilinguisme tient aussi à la hiérarchie et à la fonction que les langues y occupent.

Une personne plurilingue ne pensera pas pour autant dans quatre ou dix langues différentes. Sa base demeurera sa langue maternelle. Celle-ci lui servira de référence à la fois au niveau du lexique (comment les mots d’une telle langue découpent le réel d’une certaine façon) et au niveau de la grammaire (comment les mots se combinent entre eux pour former une phrase). C’est à partir de ces structures mentales maternelles que la personne plurilingue bâtira son apprentissage progressif d’autres langues. Les maîtrises des langues étrangères sont donc interdépendantes, et arrimées à une bonne connaissance de sa propre langue.

La personne plurilingue traduira, comparera constamment la langue étrangère avec celle qu’elle connaît, puis une autre langue étrangère avec la seconde langue apprise et ainsi de suite. Il existe une logique comparative et cumulative dans le plurilinguisme (plus on connaît de langues, plus il est facile d’en apprendre), qui n’existe pas dans le multilinguisme.

En effet, le multilinguisme désigne la coexistence de plusieurs langues dans les pays officiellement bilingues. Mais cette coexistence peut être « étanche », c’est-à-dire sans réelle passerelle de l’une à l’autre. Dans le cas du multilinguisme, les langues sont souvent cantonnées à une fonction bien définie. Par exemple, le latin médiéval était uniquement la langue du droit et de l’Eglise, tandis que les parlers vernaculaires ancêtres du français étaient uniquement la langue populaire orale.

Le Sénégal présente aussi un cas intéressant de multilinguisme. La langue véhiculaire y est le wolof (parlé par 70% des Sénégalais) : c’est une langue de communication entre des groupes qui n’ont pas la même langue maternelle (par exemple le peul ou le joola), et qui sans le wolof ne se comprendraient pas entre eux. S’y surajoute le français, langue seulement administrative et comprise par 20% de la population, vestige de l’époque coloniale.

C’est donc un pays où cohabite une multitude de langues, mais de manière étanche puisque peu de gens y parlent plusieurs langues.

Plurilinguisme et multilinguisme
Source : unsplash.com

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4. Des distinctions sociales

Des différences existent entre plurilinguisme et multilinguisme au niveau du statut social qu’elles véhiculent ou non.

Il y a eu un élitisme du plurilinguisme pendant plusieurs siècles : aux XVIIIeme et XIXeme siècles, toute l’aristocratie russe parlait français, tandis que les érudits français se piquaient d’apprendre les langues orientales.

Jusqu’au concile Vatican II en 1962, la messe était dite en latin : c’était une manière de maintenir une communauté à travers les siècles et à travers la pluralité des langues, en la faisant communier dans la langue originelle de Saint-Pierre. Mais le choix a justement été fait alors de renoncer à ce plurilinguisme de la messe en latin, car cet élitisme excluait de fait une large partie de la population ayant arrêté tôt sa scolarité.

Aujourd’hui encore, le choix de l’apprentissage du latin au collège agit pour certains comme une langue scolaire de distinction. De même que l’apprentissage de l’allemand est souvent réputé plus difficile (et donc réservé aux « bons élèves ») que celui de l’espagnol, le premier étant une langue germanique alors que le second est une langue latine.

De son côté, le multilinguisme n’est pas un choix de distinction individuelle, mais une donnée sociale à laquelle les habitants d’un pays officiellement multilingue ne peuvent rien changer, et qui ne définit pas leur maîtrise individuelle des langues en présence.

5. Des conséquences différentes sur la traduction

Si vous envisagez la traduction de vos documents et/ou de votre site pour amorcer votre ouverture à l’international, ce qui suit risque de vous intéresser. En effet, sachez que si votre document est à destination d’un pays multilingue, il sera nécessaire de traduire dans les diverses langues qui y sont pratiquées. Tous les locuteurs n’ont pas une égale maîtrise des langues qui cohabitent dans leur pays, voire la maîtrise d’une seule de ces langues.

En outre, il existe des territoires où la langue revêt un enjeu identificatoire plus fort qu’ailleurs, voire un enjeu politique (on pense par exemple au basque ou au flamand). Si vous envisagez de vous développer dans ces régions, la première des choses est de déterminer avec soin dans quelle langue il vous faudra traduire vos documents, votre site et tous vos supports de communication à destination de vos nouveaux prospects.

Et de manière générale, se cantonner à une traduction vers l’anglais au motif qu’il est compris par de plus en plus de personnes n’est pas forcément une économie rentable sur le plan marketing : même s’ils comprennent l’anglais, vos prospects auront toujours plus de mal à s’identifier à une marque qui ne communique pas dans leur langue maternelle.

Mais cette question de la différence entre plurilinguisme et multilinguisme se rejoue également au moment de choisir votre traducteur. En effet, il peut être tentant de confier sa traduction à un natif du Luxembourg ou de Suisse par exemple, parce qu’y cohabitent plusieurs langues. Cependant, naître dans un pays multilingue ne fait pas du tout de vous un bon traducteur. Car les langues gardées sur un même territoire y occupent des fonctions différentes, et souvent dans des compartiments sans communication entre elles.

Le plurilinguisme désigne bien autre chose : c’est plus que la co-présence de plusieurs langues, c’est la capacité de faire dialoguer les langues entre elles. En fait, apprendre une langue étrangère ne suffit pas en soi : encore faut-il comprendre ce qui la distingue de la nôtre. Il s’agit donc de construire un dialogue constant avec sa propre langue, notamment avec les exercices classiques de version et de thème, mais aussi avec l’exercice plus créatif et plus civilisationnel de la transcréation.

Conclusion

Le plurilinguisme et le multilinguisme, encore trop souvent confondus, désignent en fait des réalités linguistiques, historiques et sociales bien différentes. C’était là tout l’enjeu de cet article sur les 5 différences à connaître entre plurilinguisme et multilinguisme, pour vous aider à mieux comprendre ce qui les sépare malgré la confusion fréquente entre ces deux notions.

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